C’était surtout le cas de mes premiers livres. Mais une bonne partie d’entre eux (Parce que je t’aime, La Fille de papier, L’Appel de l’ange, Sept ans après, Central Park, La fille de Brooklyn …) …) n’ont pas d’arguments « surnaturels ».
Par ailleurs, parce que le surnaturel et le mystère ne sont que des prétextes pour aborder, sous des abords ludiques et légers, des thèmes plus profonds.
Et après… traite du deuil et de la fragilité de l'existence ; Sauve-moi évoque le rôle du hasard et du destin, Seras-tu là ? parle de la vieillesse, des remords et des regrets. Parce que je t'aime aborde le thème de la résilience, cette capacité psychologique à résister à l'adversité, à surmonter les épreuves pour en ressortir parfois plus solide. Je reviens te chercher évoque l'idée de la deuxième chance et ouvre une réflexion sur la responsabilité de nos choix, les aléas du destin et l'opportunité d'en modifier la trajectoire. Demain est un roman sur le grand amour et ses excès, qui peut nous faire basculer et réaliser des choses inimaginables. Un roman sur les apparences au sein du couple qui pose la question : dans quelle mesure connaît-on réellement la personne qui partage notre vie ?
Le surnaturel est donc un ressort dramatique qu'il m'arrive d'utiliser comme parabole pour évoquer ce qui me passionne vraiment : les sentiments, le sens que l'on donne à sa vie, l'absence, la peur.
L'idée m'est venue après un accident de voiture qui m'a beaucoup marqué, l'année de mes 24 ans. Par chance, je n'ai pas été gravement blessé, mais mon véhicule a été détruit. Moi qui n'avais jamais auparavant vraiment songé à la mort, j'ai pris conscience en une demi-seconde qu'elle pouvait nous happer sans prévenir.
J'ai donc voulu écrire une histoire sur cette expérience et sur cette urgence de vivre que la rencontre avec la mort pouvait provoquer, mais je ne savais pas comment procéder. Je craignais que le sujet ne soit un peu trop morbide. Si la plupart des gens n'ont aucune envie de lire un livre sur la mort, ils sont en revanche friands de mystère, de féerie et de surnaturel.
Je me suis alors souvenu de tous ces films américains des années 40 qui, de façon ludique, abordent en fait des questions cruciales : It's a Wonderful Life de Frank Capra, La Féline de Jacques Tourneur, The Ghost and Mrs. Muir de Joseph Mankiewicz. Plus récemment, Wim Wenders avec Les Ailes du désir et M. Night Shyamalan avec Sixième sens ont également emprunté ce détour par le surnaturel pour parler du deuil et de la condition humaine.